Le syndicalisme

A la fin des années 70, le libéralisme économique, la mondialisation ont eu une influence sur le syndicalisme.

On y constate une dérive, un accompagnement du libéralisme. En France la dérive de la CFDT est la plus spectaculaire, mais d’autres organisations sont marquées par ce glissement.

La fin des régimes communistes en Russie et dans les pays européens, la perte progressive des grandes nations industrielles ont accentué la désyndicalisation.

Les organisations syndicales se sont accrochées à leur représentativité, dans les organismes paritaires, comme le parti communiste en déclin se raccrochait à ses élus de terrain.

Certes le syndicalisme a pour 1ère vocation de défendre les intérêts des salariés.

Ceci-dit, depuis le début de la classe ouvrière à l’orée du 19ème siècle, les syndicats ouvriers face aux conséquences tragiques de l’industrialisation capitaliste ont réfléchi et participé à la définition d’une société vraiment sociale, donc à un socialisme.

Aujourd’hui par exemple la CFDT ne veut plus entendre parler de socialisme, ni d’autre société plus avancée.

Les organisations syndicales ont cessé de donner une préférence. Lors des élections politiques, elles sont très mesurés dans leurs analyses des programmes.

Tout cela sous prétexte que leurs syndiqués sont de toutes tendances.
QUELQUES EXEMPLES DE DÉRIVES.

A- LES DEUX LOGIQUES

Nicole Notat, secrétaire confédérale, justifiait la nouvelle orientation CFDT (1979) avec l’explication des « 2 logiques légitimes »

La logique du propriétaire de l’entreprise est légitime.

La logique des salariés est également légitime.

Il faut donc trouver un terrain d’entente entre ces 2 logiques. « Pour cela il faut quitter les pratiques d’affrontement pour une logique de contractualisation .

« Nous pouvons avancer, loin de la fureur des rapports de force, faire l’économie des grèves, grâce à un culture de la négociation. »

➭ Beau discours, mais qui prend ses désirs pour des réalités.
Ce n’est pas le cas.

Dans l’économie de marché capitaliste, les entreprises sont en guerre permanente. Cela signifie, en situation courante : OPA, délocalisations, restructurations, fusions, donc fermetures de sites, licenciements, attaques constantes sur les statuts, les salaires, les retraites, la sécurité sociale, etc. (car l’Etat a pour mission d’améliorer la compétitivité des entreprises en baissant le coût général social).

Cela, c’est la situation courante, mais il y aussi les crises fréquentes (1987-88, 1993-96, 2002-2005, 2008…)

Là ce sont des dizaines de milliers de licenciements par mois, les purges massives dans les entreprises, la remise en cause encore plus profonde des horaires, salaires, etc…

A.C ! n’admet pas cette logique que la CFDT trouve légitime.

Pas plus que la guerre n’est légitime.

Pas plus qu’une société qui fabrique des millions de chômeurs, des millions de pauvres, côtoyant des richesse insolentes.

Or tout cela découle de « la logique légitime » de l’entreprise actuelle.
Les salariés n’ont jamais fait grève par plaisir ou par « culture de l’affrontement », mais bien par nécessité.
B- LA DÉRIVE DES « RECALCULÉS »

Le 20/12/2002, le Medef, la CFDT, la CFTC et la CGC, décident d’éjecter 614000 allocataires Assedic (250000 en janvier 2004, les autres suivront au cours de l’année).

Ceci pour redresser les comptes de l’UNEDIC.

Pourtant toutes ces personnes avaient encore des droits.

L’ASSEDIC avait pris un engagement écrit avec ces chômeurs, leur assurant des droits pour une durée dépassant celle de leur éviction. Pour la 1ère fois dans l’histoire de ce pays un texte avec effet rétroactif vient d’être décidé, par des syndicats de salariés.

Une bataille judiciaire s’est engagée et a été gagnée par A.C et les autres associations de chômeurs.

Le conseil d’Etat leur donne raison le 11/05/2004

Le ministre annule la rétroactivité.

Plusieurs centaines de milliers de chômeurs seront rétablis dans leurs droits.

La CFDT n’admettra pas que les tribunaux puissent contester les décisions du Medef, CFDT, CFTC, CGC.

Pour la CFDT, les décisions de l’UNEDIC sont au dessus des lois.

Nous avons constaté bien d’autres dérives, concernant :

le paritarisme, la bureaucratie
la gestion de l’UNEDIC, l’intolérance.

IMPORTANT

Le syndicalisme est indispensable.
dans chaque syndicat il y a de très nombreux(ses) militantes, militants, dévoués et efficaces.
➭ C’est notre expérience sur le terrain, qui nous amène au constat des dérives syndicales.

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